Collecte et traitement

Sommaire

Collecte et traitement des eaux usées

Pourquoi dépolluer l’eau ?

Les différentes réglementations (notamment européenne) font obligation aux communes de traiter la pollution domestique de l’eau à l’aide de techniques performantes et efficaces.

De ce fait, le SIAEPA de la Région d’Arveyres s’attache à répondre aux mieux à ces obligations et aux souhaits des communes exprimés notamment au travers des zonage d’assainissement et au vu des contraintes technique et économique. Ainsi, il met en place des réseaux d’assainissement collectif afin de collecter les eaux usées et les acheminer vers des stations d’épuration. L’objectif de ces ouvrages est de traiter la pollution contenue dans ces eaux pour qu’elles puissent être restituées au milieu naturel sans en modifier son équilibre.

L’épuration d’un rejet pollué peut comporter quatre phases principales :
• le traitement primaire ou prétraitement,
• le traitement secondaire,
• le traitement tertiaire,
• le traitement des boues.

A noter  :

Le « Réseau d’égout » une terminologie non appropriée

Une station d’épuration ne peut correctement fonctionner que si un réseau d’assainissement performant a été installé. Communément appelé “réseau d’égout”, il permet de collecter les eaux usées à la sortie des habitations et les achemine vers la station d’épuration. Il existe deux systèmes de collecte des eaux usées :

  • Un réseau unitaire qui collecte les eaux usées et les eaux pluviales dans les mêmes canalisations.
  • Un réseau séparatif qui collecte les eaux usées dans des canalisations différentes de celles recueillant les eaux de pluie (réseau “pluvial”).

Sur le territoire du SIAEPA de la Région d’Arveyres, les techniques du réseau séparatif gravitaire et sous vide sont essentiellement utilisées.

Rappelons que le terme “tout à l’égout” communément employé pour désigner le système d’évacuation des eaux usées, ne signifie pas que “tout” peut être jeté dans les égouts ; les produits toxiques, huiles de vidange, médicaments n’y ont pas leur place.

Le traitement primaire

Il permet d’éliminer de l’eau les matières en suspension (déchets, sables…) et les huiles.

Ce traitement comprend plusieurs opérations :

  • Le relevage opéré par une pompe ou une vis d’Archimède : il remonte les eaux usées de plusieurs mètres pour permettre un écoulement gravitaire d’un bout à l’autre du traitement.
  • Le dégrillage retient, par des grilles placées en travers du canal d’amenée, les déchets de bois, papiers, plastiques, chiffons…, afin d’éviter les obstructions.
  • Le dessablage retient la terre et le sable susceptibles d’endommager les pompes ou de créer des dépôts dans les bassins.
  • Le déshuilage favorise, par injection de fines bulles d’air, la flottation des huiles et des graisses qui sont séparées par raclage en surface.
  • La décantation primaire permet aux matières en suspension de se déposer par simple gravité sous forme de boues dites “boues primaires”, recueillies ensuite par pompage de fond.

Le traitement secondaire

Le traitement secondaire élimine les matières en solution dans l’eau (matières organiques, substances minérales…).

Deux types de traitements sont utilisés :
• le traitement biologique est appliqué aux matières organiques (biodégradables) ;
• le traitement physico-chimique aux matières non organiques (non biodégradables).

Toutes les stations d’épuration du SIAEPA de la Région d’Arveyres utilisent le traitement biologique.

Le traitement biologique

C’est le procédé le plus courant pour restaurer la qualité de l’eau en la débarrassant de ses principales impuretés pourvu qu’elles soient biodégradables et ne contiennent pas de toxiques.
Les eaux arrivent dans un second bassin où sont développées des cultures de microorganismes. Les impuretés sont alors digérées par ces êtres vivants microscopiques et transformées en boues. On reproduit ici, mais en accéléré, l’auto-épuration naturelle que l’on peut observer dans les rivières : sous l’action d’un brassage mécanique ou d’un apport d’air, les micro-organismes se reproduisent très rapidement (leur nombre double toutes les dix minutes) ; ils se nourrissent de la pollution organique et du dioxygène de l’air pour produire du gaz carbonique et de l’eau.
A la suite de ce traitement, la décantation secondaire permet de recueillir sous forme de boues, les matières polluantes agglomérées par les micro-organismes.

Le traitement tertiaire

Les eaux épurées sont parfois rejetées dans le milieu naturel à la fin du traitement secondaire. C’est notamment le cas pour toutes les stations d’épuration du SIAEPA de la Région d’Arveyres. Toutefois, elles peuvent quelque fois faire l’objet d’un traitement complémentaire dans le but, soit d’une réutilisation à des fins industrielles ou agricoles, soit de la protection du milieu récepteur pour des usages spécifiques, soit encore de la protection des prises d’eau situées en aval.

Le traitement des boues

Une station d’épuration produit deux litres de boues résiduaires par habitant et par jour. Les boues extraites du décanteur ont une teneur en eau voisine de 85 % et sont donc fermentescibles. En fonction de leur destination, elles font l’objet d’un traitement et d’un conditionnement ayant pour principal objectif de réduire leur volume et de les stabiliser.

Le SIAEPA de la Région d’Arveyres assure une valorisation agricole de ses boues par compostage dans des sites agréés. Les techniques de l’épandage agricole et de l’incinération sont également réglementaires.

Complément d’informations

Une exigence européenne de qualité

Dans l’Union européenne, la directive “eaux résiduaires urbaines” crée une obligation de collecte et de traitement des eaux usées des agglomérations. La directive fixe un niveau de traitement et des échéances selon la taille de l’agglomération (inférieure ou supérieure à 2 000 habitants) et la sensibilité du milieu dans lequel elle rejette ses eaux traitées.

La pollution domestique

Elle provient des utilisations de l’eau par les habitants. On distingue les eaux vannes (eau des toilettes) et les eaux ménagères (eau de lavages). L’ensemble représente environ 150 litres par jour et par habitant. La pollution domestique est surtout organique (graisses, déchets organiques) ; elle peut aussi être chimique (poudres à laver, détergents…).

Le traitement physico-chimique

Ils consistent à transformer chimiquement, à l’aide de réactifs, les éléments polluants non touchés par les traitements biologiques (matières non organiques). Certains procédés s’appliquent aux matières en suspension (MES) :
-la floculation, c’est-à-dire la précipitation de ces matières sous l’effet de réactifs chimiques, permet d’accélérer et de compléter leur décantation.
-la centrifugation est employée pour les rejets fortement chargés en MES et ayant une faible vitesse de décantation, tandis que la filtration s’applique à des MES peu nombreuses et de petite taille.

Les procédés de traitement des matières en solution sont nombreux. Parmi les plus courants, l’oxydation et la réduction chimique transforment certains polluants en substances non toxiques, au moyen d’oxydants et de réducteurs chimiques.L’osmose inverse consiste en une filtration moléculaire qui permet de concentrer les matières polluantes.

Au terme du traitement secondaire, l’eau, débarrassée des éléments qui la polluaient et qui forment les “boues”, est épurée à 90%. Elle peut alors être rejetée à la rivière qui achève de résorber la pollution grâce au processus de l’épuration naturelle.

Traitement complémentaire

La désinfection est appliquée dans le cas d’un milieu récepteur sensible (zone de baignade ou de conchyliculture…) car une épuration classique n’élimine pas totalement la pollution bactériologique. On applique une désinfection qui est assurée, le plus souvent, par ajout de chlore en sortie de station d’épuration dans un bassin de “contact“, ou par des traitements aux ultraviolets.
Le traitement de l’azote et du phosphore : des traitements complémentaires sont appliqués de plus en plus souvent, notamment dans le cadre de la lutte contre l’eutrophisation. Ils sont destinés à éliminer l’azote et le phosphore.